Rapport annuel de la HACA au titre de l’année 2024
Principaux constats

Le rapport annuel de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) au titre de l’année 2024 vient d’être mis à la disposition du public sur le site de l’instance (www.haca.ma). Ce rapport publié en quatre langues : arabe, amazighe, français et anglais, dresse un panorama détaillé de l’état du pluralisme d’expression dans les médias audiovisuels, de l’action de régulation des contenus, du déploiement territorial des services audiovisuels ainsi que de l’engagement international de l’instance de régulation.
1. Pluralisme politique et diversité des expressions dans les médias audiovisuels
Dans le cadre de son mandat constitutionnel et légal de suivi du pluralisme d’expression des courants d’opinion et de pensée, la HACA a procédé, en 2024, au suivi des interventions des personnalités publiques dans les journaux et magazines d’information et de débat diffusés par les radios et télévisions publiques et privées, conformément aux dispositions de la décision du Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle (CSCA) n° 20-18 du 7 juin 2018, applicable en dehors des périodes électorales générales et référendaires.
Il ressort de ce suivi que le temps de parole consacré par les médias audiovisuels du service public au débat sur les questions d’intérêt général a été réparti à hauteur de 62 % pour le gouvernement et la majorité parlementaire et de 38 % pour l’opposition parlementaire.
Ainsi, l’opposition parlementaire a bénéficié, dans les magazines d’information et de débat des radios et télévisions publiques, d’un temps de parole supérieur de 12,18 points de pourcentage à son quota de représentativité de référence (25,82 %). À titre de rappel, la représentativité parlementaire au début de l’année 2024 s’établissait à 74,18 % pour le gouvernement et la majorité et à 25,82 % pour l’opposition.
Par ailleurs, les acteurs politiques demeurent les intervenants les plus présents dans les programmes d’information (journaux et magazines) des médias audiovisuels publics et privés, avec 38,79 % du temps de parole, juste devant les représentants de la société civile (37,93 %), les acteurs professionnels (13,66 %) et les acteurs syndicaux (9,61 %).
2. Renforcement de l’équité territoriale en matière de diffusion audiovisuelle
Dans le cadre de sa mission de garantie d’un accès équitable des citoyens aux services audiovisuels sur l’ensemble du territoire national, la HACA a procédé, en 2024, à l’identification et à l’assignation de 23 nouvelles fréquences FM dans 13 localités, au bénéfice d’opérateurs publics et privés.
À fin 2024, les 34 stations de radio publiques et privées et les 10 chaînes de télévision diffusées par voie hertzienne terrestre numérique (TNT) disposaient ainsi d’un parc global de 1399 fréquences FM exploitées sur 220 sites et de 394 canaux TNT exploités sur 197 sites.
3. Recul de la visibilité des femmes dans les programmes d’information et de débat
Le temps de parole des femmes dans les programmes d’information (journaux et magazines) des médias audiovisuels publics et privés, s’est établi à 16,75 % du volume global des interventions des personnalités publiques, ce qui représente un recul par rapport à l’année 2023 où ce taux atteignait 18,01 %. Cette évolution confirme la persistance d’un déficit de représentation féminine dans les programmes d’information des médias audiovisuels.
4. Renforcement continu de l’interaction entre les citoyens et le régulateur
En 2024, près des trois quarts des plaintes reçues par la HACA émanent de citoyens. Ce chiffre atteste de l’appropriation croissante, par le public, du mécanisme de plainte comme levier de régulation et comme instrument de protection effective des droits des citoyens dans l’espace médiatique.
Pour accompagner cette dynamique, la HACA a intensifié ses modalités de réponse aux requêtes du public, notamment à travers des courriers nominatifs et le recours accru à sa plateforme d’information. Dans un contexte marqué par une porosité grandissante entre les univers audiovisuel et numérique, l’Instance a également renforcé sa démarche de pédagogie institutionnelle afin de mieux faire connaître ses missions, ses prérogatives et les limites de son champ de compétence, contribuant ainsi à une meilleure lisibilité de l’action régulatrice auprès du grand public.
5. Régulation des contenus : une approche graduée et proportionnée
En matière de régulation des contenus diffusés par les radios et télévisions publiques et privées, le rapport fait état, pour l’année 2024, de 44 décisions rendues par le CSCA à la suite d’auto-saisines ou de plaintes introduites par des tiers.
Parallèlement, 38 plaintes ont fait l’objet de décisions de rejet ou de classement sans suite, dont la moitié concernant des cas non compris dans le périmètre d’intervention de la HACA (contenus diffusés sur les réseaux sociaux, litiges relevant des relations contractuelles entre opérateurs et publics, etc.). Six décisions de rejet de plaintes ont été motivées par la protection de la liberté éditoriale et de création.
La tendance à la baisse des sanctions se confirme : un seul avertissement a été prononcé en 2024, et aucune suspension de programme ni diffusion de communiqué à l’antenne n’a été décidée par le CSCA. Ce fait illustre à la fois les efforts déployés par les opérateurs en matière d’auto-régulation et l’orientation de l’action de la HACA vers une régulation fondée sur la proportionnalité et la pédagogie, privilégiant, lorsque les cas examinés et délibérés le permettent, des mesures d’accompagnement et d’alerte, notamment par l’adoption en 2024 de quatre décisions d’appel à la vigilance adressées à opérateurs audiovisuels.
6. Coopération africaine et internationale
L’année 2024 a également été marquée par la poursuite de l’engagement actif de la HACA au sein des réseaux et instances de coopération régionale et internationale entre régulateurs des médias.
Elle a notamment coïncidé avec la fin du mandat de deux ans (2023-2024) de la HACA à la présidence du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication. Durant ce mandat, l’institution a œuvré à la dynamisation des échanges professionnels entre les régulateurs africains autour de trois priorités stratégiques :
• l’adaptation de la régulation des médias à l’environnement numérique ;
• la promotion effective du pluralisme et de la diversité des expressions ;
• le rôle des régulateurs dans la préservation de l’intégrité des processus électoraux sur le continent africain.
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